Analyse · 1re année
À quel moment de l'année ? Ce chapitre vient avant les chapitres « Nombres réels », « Suites » et « Limites et continuité ». On utilise donc librement, comme au lycée, les limites usuelles, la continuité des fonctions de référence et les règles de dérivation : elles sont admises ici et seront démontrées plus tard. Tous les raisonnements de la fiche reposent sur ces outils et sur l'étude du signe d'une dérivée.
Dans toute la fiche, et désignent des intervalles de non réduits à un point.
Règles de calcul (pour des réels ) :
Valeur absolue. , , , et pour : . Inégalités triangulaires : .
Intervalles. Une partie de est un intervalle lorsque, dès qu'elle contient et , elle contient tout réel compris entre et . Notations à la française : , , , etc.
Comment prouver une inégalité. (1) Calcul direct : former la différence et l'écrire comme un carré, un produit ou un quotient de signe connu (exemple : ). (2) Étude de fonction : on fixe une variable et on étudie le signe de la différence par sa dérivée (§ 4 et § 12). (3) Récurrence pour les inégalités qui dépendent d'un entier (exemple : pour , inégalité de Bernoulli).
Une fonction de la variable réelle est définie sur une partie de (son domaine de définition) ; son graphe (ou courbe représentative) est . La composée n'a de sens que si prend ses valeurs dans le domaine de ; en général .
Bornes, extremums. est majorée sur s'il existe tel que pour tout ; bornée si est majorée. admet un maximum en si pour tout , un maximum local si cette inégalité n'est vraie que pour les de assez proches de .
Monotonie. est croissante sur si , strictement croissante si . Règles sans dériver :
Parité, périodicité, symétries ( supposé adapté) :
| Propriété | Définition | Conséquence pour l'étude |
|---|---|---|
| paire | symétrique par rapport à 0 et | étude sur , symétrie par rapport à l'axe |
| impaire | symétrique et (donc si ) | étude sur , symétrie par rapport à |
| -périodique () | et | étude sur un intervalle de longueur , puis translations |
| axe | étude sur | |
| centre | idem |
Avec la parité et la période, on réduit l'étude : une fonction paire et -périodique s'étudie sur .
Fonction lipschitzienne. est -lipschitzienne sur () si pour tous . Exemple : (on le prouvera au chapitre « Dérivabilité » ; ici on l'admet).
Soit . Elle est injective si deux points distincts ont des images distinctes (), surjective si tout a au moins un antécédent, bijective si tout a exactement un antécédent.
Réciproque. Si est bijective, la fonction associe à son unique antécédent : On a et . Dans un repère orthonormé, est la symétrique de par rapport à la première bissectrice .
Propriétés transmises. Si est bijective :
Théorème de la bijection (admis à ce stade, démontré au chapitre « Limites et continuité »). Hypothèses : (i) est continue sur l'intervalle ; (ii) est strictement monotone sur . Conclusion : est un intervalle, réalise une bijection de sur , et est continue sur , strictement monotone de même sens que . Les bornes de sont les limites (ou valeurs) de aux bornes de : pour croissante sur , .
Dérivée de la réciproque (admise). Hypothèses : (i) est strictement monotone et dérivable sur ; (ii) ne s'annule pas sur . Conclusion : est dérivable sur et Si , la courbe de admet au point une tangente verticale et n'est pas dérivable en (cas de en ).
On dit que admet un nombre dérivé en lorsque le quotient possède une limite finie quand ; cette limite est , pente de la tangente . Dérivable entraîne continue ; la réciproque est fausse ( en 0, en 0).
Opérations (admises) : , , si ne s'annule pas, .
Lien avec la monotonie (admis), sur un intervalle :
Limites de référence, issues du taux d'accroissement en 0 : (Chacune est le nombre dérivé en 0 de , , , .)
Dérivée -ième. , . À connaître : , , , . Formule de Leibniz : .
Logarithme népérien. est la primitive sur de qui vaut en (l'existence de cette primitive est admise). Donc est dérivable, : est strictement croissante.
Exponentielle. est la réciproque de ; on note .
Deux inégalités fondamentales (étude de fonction, § 12) : avec égalité seulement pour . Géométriquement : la courbe est au-dessous (pour ) ou au-dessus (pour ) de sa tangente en .
Bases quelconques () : ; pour , (logarithme de base , réciproque de ). est le logarithme décimal. est croissante si , décroissante si .
Pour et : . Cette définition prolonge les puissances entières et .
Forme (avec ) : on écrit toujours , puis . Exemple : .
Croissances comparées (, ) : À retenir : en , l'exponentielle l'emporte sur toute puissance, qui l'emporte sur toute puissance du logarithme. Conséquence : quand .
et sont -périodiques, est paire, impaire ; , , . est définie sur , impaire, -périodique, et
Formules à savoir sans hésiter (vues aussi en Algèbre) :
Équations : ; ou ; .
Encadrement : pour tout réel , et pour .
Les fonctions circulaires ne sont pas injectives sur : on les restreint à un intervalle où elles sont continues et strictement monotones, puis on applique le théorème de la bijection.
| restriction utilisée | , croissante | , décroissante | , croissante |
| définition | |||
| domaine → image | |||
| sens, parité | croissante, impaire | décroissante, ni paire ni impaire : | croissante, impaire |
| dérivée | sur | sur | sur |
| non dérivable | en (tangentes verticales) | en (tangentes verticales) | — ; asymptotes |
Valeurs à connaître : , , , ; , , ; , , .
Calcul de la dérivée de (modèle des trois) : sur , ne s'annule pas, donc est dérivable sur et . Or (car ) et , d'où .
Composées : l'ordre compte.
Formules mixtes (à savoir redémontrer) :
Relations fondamentales.
Deux méthodes pour démontrer ce type de relation : (a) dériver et trouver une dérivée nulle sur chaque intervalle, puis calculer la constante en un point ; (b) appliquer , ou aux deux membres, puis vérifier que les deux membres sont dans un intervalle où la fonction appliquée est injective.
Pour : est la partie paire de , sa partie impaire : , .
| parité | paire | impaire | impaire |
| dérivée | |||
| variations | décroissante sur , croissante sur , minimum | strictement croissante, | strictement croissante, |
| limites en | (asymptote ; en ) | ||
| image |
Relation fondamentale : (le point décrit une branche d'hyperbole).
Formules d'addition : , , ; en particulier , . Moyen mnémotechnique : on part d'une formule de trigonométrie et on change le signe devant chaque produit de deux . Ce n'est qu'un moyen de mémoire : toute formule hyperbolique se démontre en revenant aux exponentielles.
Comparaisons utiles : et pour tout ; et pour ; .
Équations en : on pose ; l'équation devient polynomiale en ; on ne garde que les racines strictement positives, puis .
Présentes dans certains cours de MP1 (pas dans tous les devoirs). Chacune se calcule en résolvant une équation du second degré en .
| définition | expression | dérivée | |
|---|---|---|---|
| réciproque de | sur | ||
| réciproque de la restriction de à | sur | ||
| réciproque de | sur |
Exemple de calcul : avec . Les racines ont un produit égal à , une seule est positive : , d'où . Formules mixtes : , . Lecture à l'envers (primitives, chapitre suivant) : a pour primitive , à comparer avec (primitive ) et (primitive ).
Une fonction s'écrit avec , réelles. Elle est dérivable si et seulement si et le sont, et alors . Les règles de calcul (somme, produit, quotient) restent valables ; la monotonie et les inégalités n'ont plus de sens pour elle-même.
Pour , on pose . Alors C'est l'outil clé du chapitre « Équations différentielles » ( a pour solutions ). Formules d'Euler : , (comparer avec et ).
Méthode de l'étude de fonction. Pour montrer sur un intervalle : poser , étudier le signe de (au besoin de ), dresser le tableau de variations, conclure avec la valeur de en une borne. Si le signe de n'est pas évident, on étudie à son tour.
| Inégalité | Domaine | Idée |
|---|---|---|
| , | ||
| dériver deux ou trois fois | ||
| parité, puis sur | ||
| décroissante sur | ||
| est une fraction rationnelle de signe évident | ||
| (Bernoulli) | , | récurrence |
| appliqué à , la moyenne |
Tableau des dérivées usuelles
| () | () | |||
| () | () | |||
| () |
Avec la composée : , , , là où .
Faire apparaître un taux d'accroissement de référence (, , avec ), une croissance comparée, ou écrire . Exemple : quand .