Analyse · 2e année
Ce qu'on réutilise sans le refaire. Intégrale sur un segment, fonctions continues par morceaux, propriétés et théorème fondamental (Intégration §3, §5, §7), fonctions à valeurs complexes (§8), intégrales dépendant de leurs bornes (§9) ; primitives usuelles, intégration par parties et changement de variable sur un segment (Primitives §3, §5, §6) ; relations de comparaison, équivalents usuels, croissances comparées (Analyse asymptotique §1, §3, §4) ; séries à termes positifs, séries de Riemann, comparaison série-intégrale, convergence absolue (Séries numériques §7, §8, §9, §11) ; convergence uniforme et intégration sur un segment (Suites et séries de fonctions §5, §8, §9).
Dans toute la fiche, désigne ou , un intervalle de d'intérieur non vide, et « c.p.m. » abrège « continue par morceaux » (sur un intervalle quelconque : c.p.m. sur chacun de ses segments). Les bornes sont dans .
Définition. Soit c.p.m., avec et . On dit que l'intégrale converge lorsque la fonction admet une limite finie quand . Cette limite est notée . Sinon, l'intégrale diverge (la limite est infinie ou n'existe pas). Déterminer si elle converge, c'est en étudier la nature.
Propriétés. Pour des intégrales convergentes sur un même intervalle : linéarité, relation de Chasles, positivité () et croissance (, les deux intégrales convergeant). Si est continue, positive et d'intégrale nulle sur , alors sur . Pour à valeurs complexes : converge exactement lorsque les intégrales de la partie réelle et de la partie imaginaire convergent.
Attention. La convergence de n'impose pas (une fonction faite de « pics » de plus en plus étroits a une intégrale convergente sans tendre vers ). En revanche, si admet une limite en et si converge, alors .
À connaître par cœur, avec leur démonstration (calcul d'une primitive puis passage à la limite).
| Intégrale | Converge si et seulement si | Valeur |
|---|---|---|
| , ( réels) | ||
| ( réel) | ||
| toujours |
En particulier diverge pour tout (il faudrait à la fois et ), et comme divergent : est le cas limite des deux côtés.
Moyen mnémotechnique : en il faut décroître plus vite que , en il suffit d'exploser moins vite que . C'est le parallèle exact des séries de Riemann (Séries numériques §8).
Pour c.p.m. sur , la fonction est croissante : converge si et seulement si est majorée sur (théorème de la limite monotone). C'est la base de tous les critères qui suivent.
Théorème de comparaison. Soient c.p.m. sur . Hypothèses : (i) au voisinage de (ou : et positives et , ou en ). Conclusion : si converge, alors converge ; si diverge, alors diverge.
Théorème des équivalents. Hypothèses : (i) est de signe constant au voisinage de ; (ii) . Conclusion : et sont de même nature.
Sans l'hypothèse de signe, le théorème des équivalents est faux : en , ; la première intégrale converge (§5), la seconde diverge.
Règle pratique en (« règle »). Pour :
En : s'il existe tel que est bornée, converge ; si a une limite (ou infinie), elle diverge. Exemples : , donc converge en . Pour , on choisit strictement entre et l'exposant : , donc l'intégrale converge en . En , : est intégrable en (avec ).
Changement de variable logarithmique (pour les cas limites) : avec , converge si et seulement si .
Définition. c.p.m. est intégrable sur si converge. On dit aussi que est absolument convergente.
Théorème. Si est intégrable sur , alors converge et (Pour réelle : et vérifient et ; pour complexe, on applique cela à et .)
Conséquences pratiques.
Intégrale semi-convergente : convergente mais pas absolument. L'exemple type est :
Retenir : intégrable convergente, la réciproque est fausse. Les théorèmes des sections 7 à 10 (convergence dominée, terme à terme, intégrales à paramètre) parlent tous de fonctions intégrables.
Intégration par parties. Hypothèses : (i) de classe sur ; (ii) le produit admet une limite finie en . Conclusion : et sont de même nature et, en cas de convergence, Prudence de rédaction : sans l'hypothèse (ii), faire l'IPP sur un segment , puis faire tendre vers . C'est la rédaction la plus sûre en devoir, et celle que le jury attend quand le crochet n'est pas évident.
Changement de variable. Hypothèses : (i) continue sur ; (ii) bijective, de classe et strictement croissante. Conclusion : et sont de même nature et égales en cas de convergence. Si est strictement décroissante, même chose en échangeant les bornes ().
Changements usuels : (échange et ), ou (racines), (fonctions de , , ), (expressions en ), (faire sortir un paramètre). Le changement de variable sert aussi à transformer la nature d'une intégrale : se ramène par à .
Primitives et fonction de la borne. Si est continue sur et converge, le reste est de classe avec ; si est continue sur , la fonction se dérive de même. On utilise ces fonctions comme en 1re année (Intégration §9).
Soit c.p.m. sur et c.p.m. sur , à valeurs dans .
Exemple : en , , donc .
Séries et intégrales. Pour continue, positive et décroissante sur , la série et l'intégrale ont même nature, avec l'encadrement du reste vu en 1re année (Séries numériques §9). La positivité et la monotonie sont indispensables. Une intégrale ne se traite pas comme une série : on ne parle ni de « terme général » ni de règle de d'Alembert pour une intégrale.
C'est l'outil central pour intervertir limite et intégrale sur un intervalle quelconque (la convergence uniforme ne suffit plus hors d'un segment : Suites et séries de fonctions §5).
Théorème de convergence dominée. Soit une suite de fonctions de dans . Hypothèses : (i) chaque est c.p.m. sur ; (ii) la suite admet sur une limite simple , elle-même c.p.m. sur ; (iii) domination : il existe c.p.m. et intégrable sur , indépendante de , telle que Conclusion : les et sont intégrables sur et
Version à paramètre continu. Même énoncé pour une famille ( intervalle) quand ( adhérent à , éventuellement infini) : convergence simple vers c.p.m. et intégrable pour tout (au moins au voisinage de ). On l'appelle aussi théorème du passage à la limite sous l'intégrale ; on peut aussi l'obtenir par la caractérisation séquentielle.
Comment trouver . Majorer par une expression où n'apparaît plus : , (d'où sur ), pour , monotonie en ()… On peut aussi ne dominer qu'à partir d'un rang .
Contre-exemples à connaître (quand la domination manque) : sur (la « bosse qui s'en va ») et sur (la bosse qui se concentre en ) tendent simplement vers , mais pour tout .
Théorème d'intégration terme à terme. Soit une série de fonctions de dans . Hypothèses : (i) chaque est c.p.m. et intégrable sur ; (ii) converge simplement sur vers une fonction c.p.m. sur ; (iii) la série numérique converge. Conclusion : est intégrable sur et
On étudie pour dans un intervalle (ou une partie de ), où . La variable d'intégration est ; est le paramètre.
Théorème de continuité. Hypothèses : (i) pour tout , est c.p.m. sur ; (ii) pour tout , est continue sur ; (iii) domination : il existe c.p.m., positive et intégrable sur telle que pour tout . Conclusion : est définie et continue sur .
Domination locale. La continuité est une propriété locale : il suffit que (iii) ait lieu sur tout segment (ou sur tout ), avec une fonction qui peut dépendre du segment. C'est le cas usuel : pour sur , on domine sur par , pas sur entier.
Limite aux bornes. Pour la limite de en une borne de (finie ou infinie), on applique la version à paramètre continu de la convergence dominée (§7) : limite simple c.p.m., domination au voisinage de . Autres outils fréquents : un changement de variable qui fait passer le paramètre dans les bornes, une minoration pour montrer que (convergence dominée impossible si la limite est infinie), un encadrement pour un équivalent.
Théorème de dérivation (classe ). Hypothèses : (i) pour tout ( intervalle), est c.p.m. et intégrable sur ; (ii) admet une dérivée partielle sur , telle que est c.p.m. sur pour tout , et est continue sur pour tout ; (iii) domination de la dérivée : sur tout segment , il existe intégrable sur avec pour tout . Conclusion : est de classe sur et
Classe . Si les dérivées partielles existent pour , sont continues en et c.p.m. en , si est intégrable pour et si est dominée sur tout segment de , alors est et pour . Pour la classe : dominer chaque dérivée sur tout segment.
Sur un segment : si et sont continues sur , l'hypothèse de domination est automatique sur tout segment de (une fonction continue sur le compact est bornée). Le jury 2024 a noté que peu de candidats avaient remarqué que l'intervalle d'intégration était un segment.
Plan d'étude d'une fonction définie par une intégrale.
Définition. Pour , .
Ensemble de définition : . La fonction est continue et positive sur . En : , intégrable si et seulement si , soit . En : (croissances comparées), donc intégrable pour tout .
Propriétés.
Primitive explicite puis limite ; IPP sur un segment puis passage à la limite ; changement de variable (justifier : , bijectif, strictement monotone) ; symétrie (, ) ; relation de récurrence sur ; terme à terme.
Limite simple ; domination par intégrable indépendante de ; conclure par convergence dominée. Si la limite simple est nulle sauf en un point (type sur ), la limite des intégrales est souvent ; pour un équivalent, faire d'abord un changement de variable (, ) qui « déplie » la suite.
Suivre le plan du §10. Toujours écrire les trois hypothèses avec la fonction dominante explicite, préciser sur quel segment on domine, et justifier l'intégrabilité de la fonction dominante.
Introduire telle que l'intégrale cherchée soit ; calculer (plus simple que ) ; intégrer ; déterminer la constante par une valeur particulière () ou une limite ( par convergence dominée).