Algèbre · 1re année
Prérequis. Calcul littéral, parité, divisibilité vues au lycée ; fonctions de référence (, , ) et leurs tableaux de variations.
Dans toute la fiche, , , désignent des ensembles, , , des assertions et .
Une assertion (on dit aussi proposition) est un énoncé mathématique qui a une seule valeur logique : vrai (V) ou faux (F). « est premier » est une assertion vraie ; « » n'en est une que si est fixé.
| non | et | ou | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| V | V | F | V | V | V | V |
| V | F | F | F | V | F | F |
| F | V | V | F | V | V | F |
| F | F | V | F | F | V | V |
Règles de calcul (toutes se vérifient sur une table de vérité) :
est, par définition, l'assertion « (non ) ou ». Elle n'est fausse que dans un cas : vraie et fausse. En particulier, une implication dont l'hypothèse est fausse est vraie.
| Vocabulaire | Écriture | Lien avec |
|---|---|---|
| réciproque | aucun en général | |
| contraposée | (non ) (non ) | équivalente |
| négation | et (non ) | contraire |
| équivalence | () et () |
Soit une assertion qui dépend d'un élément d'un ensemble .
Négation. On échange et et on nie l'assertion finale : Exemple : « est majorée » s'écrit ; sa négation est .
Ordre des quantificateurs.
Quantificateur et connecteurs. se distribue sur « et », sur « ou ». En revanche n'entraîne pas ou : tout entier est pair ou impair, mais les entiers ne sont pas tous pairs, ni tous impairs.
Rédaction. Une variable quantifiée est muette : et disent la même chose. On n'écrit jamais un quantificateur après l'assertion qu'il gouverne (« » est toléré à l'oral, pas dans une assertion composée). Les symboles , ne servent pas d'abréviations dans une phrase en français.
Raisonnement direct. Pour montrer : on suppose vraie et on en déduit par une suite d'implications. Pour montrer : on écrit « Soit », puis on prouve pour ce quelconque.
Équivalence. On prouve les deux implications séparément, ou on enchaîne des équivalences en vérifiant chacune (élever au carré, diviser par une quantité qui peut s'annuler… ne donnent qu'une implication).
Disjonction de cas. Si ou est toujours vraie et si et , alors est vraie. Exemple : un entier est pair ou impair ; un entier s'écrit , ou .
Contre-exemple. Pour montrer qu'une assertion « » est fausse, il suffit d'exhiber un pour lequel est fausse. À l'inverse, des exemples, même nombreux, ne prouvent jamais un « pour tout ».
Existence. Pour prouver , on peut construire explicitement, ou raisonner par l'absurde.
Analyse-synthèse. Pour déterminer tous les objets vérifiant une propriété (ou prouver qu'un objet existe et est unique) :
Exemple type : toute fonction s'écrit de façon unique avec paire et impaire. L'analyse donne et (d'où l'unicité) ; la synthèse vérifie que ces deux fonctions conviennent (d'où l'existence).
Par contraposée. Pour prouver , on prouve (non ) (non ), qui lui est équivalente. C'est utile quand « non » donne une information plus maniable que . Exemple : pour , « pair pair » se prouve par la contraposée : si , alors est impair.
Par l'absurde. Pour prouver , on suppose non et on aboutit à une contradiction (une assertion à la fois vraie et fausse, ou contraire à une hypothèse). Alors non est fausse, donc est vraie. Exemple : . Sinon avec sans facteur commun ; alors , donc est pair, , puis et est pair : contradiction avec le choix de irréductible.
Ne pas confondre. La contraposée garde la structure « hypothèse ⇒ conclusion » et ne vise aucune contradiction ; l'absurde suppose le contraire de ce qu'on veut montrer (pour : on suppose et non ). Rédaction attendue : annoncer « Raisonnons par l'absurde : supposons que… », puis conclure « …ce qui est absurde ».
Il repose sur une propriété de : toute partie non vide de admet un plus petit élément.
Récurrence simple. Soit une assertion dépendant de et . Hypothèses : (i) initialisation : est vraie ; (ii) hérédité : pour tout , . Conclusion : est satisfaite pour chaque entier .
Récurrence double (pour une suite définie par deux termes et une relation ). Hypothèses : (i) et vraies ; (ii) pour tout , ( et ) . Conclusion : est satisfaite pour chaque entier .
Récurrence forte. Hypothèses : (i) vraie ; (ii) pour tout , si est vraie pour tout , alors est vraie. Conclusion : est satisfaite pour chaque entier . On l'emploie quand le rang s'appuie sur un rang quelconque antérieur (exemple : tout entier a un diviseur premier, car soit est premier, soit avec et a un diviseur premier).
Rédaction modèle.
Pièges. L'hérédité seule ne prouve rien (« » est héréditaire mais toujours fausse). Le rang de l'hérédité est fixé quelconque : écrire « supposons vraie pour tout » revient à supposer le résultat.
Appartenance, inclusion. : est un élément de . ( est une partie de ) signifie . Deux ensembles sont égaux si chacun est inclus dans l'autre : c'est la méthode de la double inclusion. L'ensemble vide est inclus dans tout ensemble. Ne pas confondre (un élément dans un ensemble) et (un ensemble dans un ensemble) : , , .
Ensemble des parties. Les parties de forment elles-mêmes un ensemble, noté ; ainsi . On a toujours et . Exemple : . Si a éléments, en a (se prouve par récurrence sur ).
Opérations (pour ) :
| Opération | Définition |
|---|---|
| réunion | |
| intersection | |
| complémentaire | |
| différence | |
| différence symétrique |
et sont disjointes si .
Règles (elles traduisent les règles du § 1) : et sont commutatives et associatives ; chacune est distributive sur l'autre ; ; De Morgan : et ; . Ces règles s'étendent aux familles : .
Produit cartésien. : ensemble des couples. L'ordre compte : et . On note et l'ensemble des -uplets. Attention : est en général différent de .
Partition. Une famille de parties de non vides, deux à deux disjointes et de réunion est une partition de .
Fonction caractéristique (outil fréquent en série). Pour , vaut sur et ailleurs. Alors , , , et . On la note aussi ou .
Une application associe à chaque élément de (ensemble de départ) un unique élément de (ensemble d'arrivée). est l'image de ; tout tel que est un antécédent de . Le graphe de est . Les applications de vers forment un ensemble noté ou ; on note l'application identité de .
Image directe d'une partie : . Ainsi . Image réciproque d'une partie : . Ainsi . La notation a un sens pour toute application, même non bijective.
Propriétés (, ) :
| Image directe | Image réciproque |
|---|---|
| (inclusion seulement) | |
| — | |
L'image réciproque respecte toutes les opérations ; l'image directe ne respecte que la réunion. Contre-exemple pour l'intersection : , , : mais .
Calcul pratique pour une fonction réelle. Pour : tableau de variations de sur . Pour : résoudre l'inéquation . Exemple : , et .
Soit .
| Propriété | Définition | Traduction en antécédents |
|---|---|---|
| injective | tout a au plus un antécédent | |
| surjective | , c'est-à-dire | tout a au moins un antécédent |
| bijective | injective et surjective | tout a exactement un antécédent |
Réciproque. Si est bijective, l'application qui à associe son unique antécédent vérifie et . Pour la calculer : résoudre d'inconnue .
Caractérisation. Hypothèses : et vérifient et . Conclusion : est bijective et . Une seule des deux égalités ne suffit pas : avec et sur , on a , mais n'est pas surjective. Une application telle que (une involution) est bijective et .
Composition. Soient et .
Lien avec les images : si est bijective, l'image réciproque coïncide avec l'image directe de par l'application , ce qui justifie la notation commune.
Une relation binaire sur est une propriété portant sur les couples .
| Propriété | Définition |
|---|---|
| réflexive | |
| symétrique | |
| antisymétrique | |
| transitive |
Une relation d'équivalence est réflexive, symétrique et transitive. La classe d'équivalence de est (notée aussi , ou ). L'ensemble des classes est l'ensemble quotient .
Théorème (classes et partitions). Hypothèse : est une relation d'équivalence sur . Conclusion : (i) ; (ii) ; (iii) deux classes sont égales ou disjointes ; les classes forment donc une partition de . Réciproquement, toute partition de définit une relation d'équivalence (« être dans la même partie »).
Exemple fondamental : relation associée à une application. Pour , la relation est une relation d'équivalence (les trois propriétés viennent de celles de l'égalité), et . Beaucoup de relations de devoir sont de ce type : , … Il faut le reconnaître : cela donne la relation d'équivalence en une ligne et les classes par une équation.
Congruence modulo () : est une relation d'équivalence sur , à classes (division euclidienne). Elle sera reprise dans « Arithmétique dans ».
Une relation d'ordre est réflexive, antisymétrique et transitive ; on la note souvent . L'ordre est total si deux éléments sont toujours comparables ( ou ), partiel sinon.
Exemples : sur (total) ; l'inclusion sur (partiel dès que a deux éléments) ; la divisibilité sur (partiel : et ne sont pas comparables). Sur , la divisibilité n'est pas antisymétrique ( et ).
Soit une partie de ordonné par .
Un plus grand élément est une borne supérieure ; la réciproque est fausse (). Dans , la borne supérieure de est leur plus petit multiple commun et la borne inférieure leur pgcd ; dans , la borne supérieure de est . L'étude de la borne supérieure dans est faite dans le chapitre d'Analyse « Nombres réels ».
Changer chaque en et inversement, garder l'ordre et les domaines ( devient ), puis nier la fin : « » devient « et non », « » devient « ».
Double inclusion « Soit , montrons » puis l'inverse ; ou chaîne d'équivalences sur l'appartenance () quand chaque étape est réversible. Pour des parties d'un même ensemble, les fonctions caractéristiques transforment l'égalité en calcul.
Vérifier chaque propriété avec ses quantificateurs. Si la relation s'écrit , conclure directement. Pour les classes : résoudre d'inconnue et discuter selon le nombre de solutions.