Analyse · 1re année
Statut (à lire avant de réviser).
- Au programme : le rapport du jury du concours 2025 indique que l'épreuve de Mathématiques I MP s'appuie sur les probabilités vues en 1re et en 2e année. Le cours de 2e année part des univers finis comme d'un acquis.
- Évalué en MP1 ? Plus guère. Dans les archives de l'IPEIS (Sfax), la synthèse d'Analyse de mai de MP1 contenait un exercice de probabilités (3 à 6 points) en 2016, 2017 et 2018 (et en PC1 jusqu'en 2019). Depuis l'année 2018-2019, aucun devoir de contrôle ni de synthèse de MP1 ne porte sur ces chapitres. Le dénombrement, lui, n'a pas eu d'exercice dédié : il sert d'outil.
- Où ils comptent vraiment : en MP2, où les probabilités sont au programme de la synthèse de mai chaque année (univers dénombrables, lois géométrique et de Poisson…), et au concours (Maths I MP).
- Conseil : apprendre ce chapitre en fin de MP1 ou pendant l'été, même s'il n'est pas évalué en MP1 dans ton institut ; ton enseignant peut aussi le traiter et l'évaluer en mai. Les données viennent surtout de Sfax.
Prérequis. Ensembles, parties, applications injectives, surjectives, bijectives, fonction caractéristique (Logique et ensembles, § Ensembles et § Applications) ; récurrence ; symboles , factorielle, , relation de Pascal, formule du binôme (Calculs algébriques, § Binôme). Ces résultats ne sont pas répétés ici.
Dans toute la fiche, et désignent des entiers naturels, , et (noté aussi ) le cardinal d'un ensemble fini .
Un ensemble est fini s'il est vide ou en bijection avec pour un ; cet entier est unique, c'est le cardinal de (). Deux ensembles finis en bijection ont le même cardinal : compter, c'est souvent construire une bijection vers un ensemble qu'on sait compter.
Parties. Si avec fini : est fini, , et égalité si et seulement si .
Applications entre ensembles finis. Soit , et finis.
Pour des parties , , d'un ensemble fini :
| Situation | Formule |
|---|---|
| réunion disjointe () | |
| deux à deux disjointes (en particulier une partition de ) | |
| complémentaire | |
| différence | |
| réunion quelconque | |
| trois parties | |
| produit cartésien | ; |
La formule pour trois parties se généralise (formule du crible, ou de Poincaré) : signe pour les intersections d'un nombre impair de parties, pour un nombre pair. Elle se démontre par les fonctions caractéristiques (exercice 10).
Exemple. Dans , les multiples de ou de sont au nombre de : il reste entiers divisibles ni par ni par .
Soit un ensemble à éléments.
Une -combinaison de () est une partie de à éléments : ordre sans importance, pas de répétition. Leur nombre est le coefficient binomial Preuve : chaque -combinaison donne exactement arrangements (on ordonne ses éléments) : lemme des bergers.
Les propriétés de calcul (, relation de Pascal, formule du pion, binôme, ) sont dans Calculs algébriques, § Binôme. Ce qui est propre à ce chapitre, c'est leur lecture combinatoire :
Tableau de choix du modèle (tirer objets parmi ) :
| ordre compte | ordre ne compte pas | |
|---|---|---|
| sans répétition | arrangements : (tirages successifs sans remise) | combinaisons : (tirage simultané) |
| avec répétition | -listes : (tirages successifs avec remise) | (hors programme ; voir exercice 2 : ) |
Vocabulaire. Une expérience aléatoire a un ensemble fini de résultats possibles : l'univers. Un événement est une partie de ; l'ensemble des événements est . est un événement élémentaire, l'événement impossible, l'événement certain, l'événement contraire. « et » est , « ou » est . On qualifie et d'incompatibles lorsque .
Système complet d'événements : famille d'événements dont la réunion est et qui sont incompatibles deux à deux. Exemple fondamental : .
Définition. Une probabilité sur fini est une application telle que (i) ; (ii) dès que . Le triplet (ou le couple ) est un espace probabilisé fini.
Conséquences. ; ; ; ; ; pour des événements deux à deux incompatibles, ; en général .
Probabilité définie par ses valeurs sur les singletons. Si et sont des réels positifs de somme , il existe une unique probabilité telle que , et .
Équiprobabilité (probabilité uniforme). Si tous les résultats ont la même probabilité : Cette formule n'est valable que dans ce modèle : il faut le justifier (dé « équilibré », boules « indiscernables au toucher », tirage « au hasard »).
Modéliser un tirage de boules dans une urne de boules : simultané = parties à éléments ( issues) ; successif sans remise arrangements () ; successif avec remise -listes (). Pour un événement qui ne dépend pas de l'ordre, les modèles « simultané » et « successif sans remise » donnent la même probabilité. Il faut garder le même modèle au numérateur et au dénominateur.
Définition. Pour un événement de probabilité non nulle, la probabilité de sachant est L'application est une probabilité sur : toutes les règles du § 6 s'appliquent à elle (par exemple ). Ne pas confondre et , ni et .
Formule des probabilités composées. Hypothèse : . Conclusion : . C'est la formule des tirages successifs : on multiplie les probabilités le long d'une branche de l'arbre.
Formule des probabilités totales. Hypothèses : la famille forme un système complet ; chaque est strictement positif. Conclusion : pour tout événement , Cas le plus fréquent : . (La première égalité reste vraie sans l'hypothèse .)
Formule de Bayes (« probabilité des causes »). Hypothèses : système complet, pour tout , et . Conclusion : Usage : on connaît les probabilités « dans le sens de l'expérience » ( sachant la cause ) et on cherche la probabilité de la cause sachant l'effet observé.
Suites et probabilités totales. Lorsqu'une expérience se répète, appliquer la formule au système complet de l'étape donne une relation de récurrence (souvent arithmético-géométrique, ) : c'est un thème classique de devoir (exercice 8).
Deux événements. et sont indépendants si . Si , cela équivaut à . L'indépendance de et entraîne celle de et , celle de et , celle de et .
Indépendance et incompatibilité sont deux notions différentes : deux événements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants ().
événements. sont mutuellement indépendants si pour toute partie non vide, Mutuellement indépendants deux à deux indépendants ; la réciproque est fausse (exercice 6, question 5). Si sont mutuellement indépendants, on peut remplacer certains par leurs contraires sans perdre l'indépendance.
L'indépendance est souvent une hypothèse de modélisation (« lancers indépendants », « tirages avec remise ») ; sinon elle se démontre par le calcul.
Une variable aléatoire réelle sur fini est une application . Son image est finie. Notations : , , .
Loi de : la donnée des pour , présentée en tableau. Les événements forment un système complet, donc (vérification systématique). La loi permet de calculer .
Fonction de répartition : pour ; fonction en escalier, croissante, de à , sautant de en chaque . On retrouve la loi par (valeurs rangées dans l'ordre croissant).
Image par une fonction. Si , est une variable aléatoire et .
Variable indicatrice d'un événement : vaut sur , ailleurs. C'est l'outil des exercices 7 et 10.
Définition. : moyenne des valeurs pondérée par leurs probabilités. Dans le cas fini l'espérance existe toujours (somme finie). est centrée si .
Propriétés.
Méthode des indicatrices. Pour une variable qui « compte » (nombre de succès, de points fixes, de types manquants…), écrire puis , même quand la loi de est inaccessible.
Définition. ; écart-type . Ils mesurent la dispersion autour de .
Formule de König-Huygens (la plus utilisée) : , avec par transfert.
Propriétés. ; . si et seulement si est presque sûrement constante (égale à sur un événement de probabilité ). Si , est centrée réduite.
Variance d'une somme. . La quantité est la covariance (développée en 2e année). Si et sont indépendantes, elle est nulle et . Plus généralement, pour deux à deux indépendantes, .
| Loi | Situation type | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| certaine (constante ) | |||||
| uniforme | dé équilibré à faces | ||||
| Bernoulli | une épreuve, succès de probabilité | , | |||
| binomiale | nombre de succès en épreuves de Bernoulli indépendantes de même paramètre |
Notation : . On écrit « » ou « suit la loi ».
Loi conjointe du couple : les , présentées en tableau à double entrée ; . Lois marginales : (somme d'une ligne) et (somme d'une colonne), par la formule des probabilités totales avec le système complet . Les marginales ne déterminent pas la loi conjointe. Loi conditionnelle de sachant (si ) : .
Indépendance. et sont indépendantes si pour tous , : le tableau conjoint est le « produit » de ses marges. Une seule case où l'égalité échoue suffit à prouver la non-indépendance (une case nulle avec des marges non nulles, par exemple). sont mutuellement indépendantes si pour tous .
Conséquences de l'indépendance. et sont encore indépendantes ; ; . La réciproque est fausse : n'entraîne pas l'indépendance.
Loi d'une somme. ; si et sont indépendantes, . Exemple : si et sont indépendantes, (Vandermonde).
Ces inégalités sont dans tous les cours de 2e année du corpus ; en 1re année, leur présence dépend de l'enseignant. Le jury 2025 signale qu'elles sont mal appliquées (hypothèses oubliées) : elles méritent d'être sues dès maintenant.
Inégalité de Markov. Hypothèses : variable aléatoire positive (à valeurs dans ) ; . Conclusion : . Preuve : (vrai en tout , car ), puis croissance de l'espérance.
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev. Hypothèses : variable aléatoire réelle (finie) ; . Conclusion : . Preuve : Markov appliquée à la variable positive et à .
Application (loi faible des grands nombres, version finie). Si , la fréquence vérifie car . Ces majorations sont souvent grossières (exercice 9) ; elles servent à obtenir un seuil garanti.