Analyse · 2e année
Ce qu'on réutilise sans le refaire. Série géométrique et série exponentielle (Séries numériques §5), règle de d'Alembert pour une série numérique (§10), convergence absolue et critère des séries alternées (§11, §12) ; convergence normale et théorèmes de régularité d'une somme de série de fonctions (Suites et séries de fonctions §8, §9) ; intégration terme à terme sur un intervalle quelconque et dérivation sous le signe intégrale (Intégrales généralisées §8, §10) ; équivalents et développements limités usuels (Analyse asymptotique §2, §7) ; formule de Taylor avec reste intégral (Intégration §10) ; structure des solutions d'une équation linéaire et raccordement (Équations différentielles §2, §5, §7). Le théorème du produit de Cauchy (séries qui convergent absolument) est démontré dans le chapitre de 2e année « Séries numériques et familles sommables ».
Dans toute la fiche, et sont des suites complexes, désigne une variable complexe et une variable réelle. On note le disque ouvert et le disque fermé.
Une série entière est une série de fonctions : le terme de rang est le monôme . On parle de série entière de la variable réelle quand on ne regarde que . Sa somme est , là où la série converge.
Lemme d'Abel. Hypothèses : et la suite est bornée. Conclusion : pour tout tel que , la série converge absolument.
Preuve : si , alors , terme d'une série géométrique convergente (raison ).
Il suffit donc de connaître la série en un point pour la contrôler sur tout un disque plus petit. L'hypothèse est faible : « bornée » suffit, la convergence de n'est pas demandée.
Définition. Le rayon de convergence de est
Théorème (ce que dit ).
est le disque ouvert de convergence ; en variable réelle, est l'intervalle ouvert de convergence. Le domaine de convergence (ensemble des points où la série converge) contient le disque ouvert et est contenu dans le disque fermé : il faut étudier le bord à part.
Trois exemples de rayon qui se comportent différemment sur le cercle :
Encadrer à partir d'un point (à connaître, très utilisé dans les sujets) : pour ,
| On sait que… | On en déduit |
|---|---|
| est bornée, ou tend vers , ou converge | |
| n'est pas bornée, ou ne tend pas vers , ou diverge | |
| converge sans converger absolument |
(Pour la dernière ligne : si on avait , la convergence en serait absolue.)
Comparaison des coefficients. Soient et les rayons de et .
La méthode de d'Alembert, appliquée à une série numérique. On fixe et on pose (supposé non nul pour assez grand). Si , alors Le critère de d'Alembert, version séries numériques, donne : convergence absolue si , divergence grossière si . On conclut (avec si et si ).
Exemple. : . Pour , le quotient tend vers : convergence absolue si , divergence grossière si . Donc .
Statut de la formule « » tirée du quotient des coefficients — à lire.
- PC et T : le rapport du jury 2025 (épreuve de mathématiques PC-T, § 2.3) indique que le critère de d'Alembert appliqué aux séries entières n'est pas au programme : le jury n'en admet que la version numérique. Une copie qui écrit « par le critère du quotient des coefficients, » n'obtient donc pas les points, alors même que des résumés de cours de PC2 donnent cette formule.
- MP : aucun texte officiel du corpus ne tranche. Des résumés de cours de MP2 la présentent sous la forme « si , alors », et les corrigés de séries de MP2 l'utilisent sur des séries numériques ; les rapports du jury MP ne la commentent pas.
- Conduite à tenir dans les deux filières : rédiger comme ci-dessus, en appliquant la règle à la série numérique pour fixé. Cela coûte deux lignes et c'est accepté partout.
Quand la méthode du quotient ne s'applique pas.
Soient et de rayons et , de sommes et .
Somme. a un rayon , avec égalité si , et pour . Si , le rayon peut être plus grand : , donnent et . Multiplier par ne change pas le rayon.
Produit de Cauchy. Hypothèses : pour tout . Conclusion : le rayon de vérifie , et pour , Preuve : pour un tel , et convergent absolument ; leur produit de Cauchy a pour terme , et le théorème sur le produit de Cauchy de séries absolument convergentes s'applique.
Exemple. pour (ici ).
Exponentielle complexe. a un rayon infini. Le produit de Cauchy et la formule du binôme donnent pour tous . Avec , on obtient les sommes de séries .
Théorème. Hypothèses : est le rayon de et . Conclusion : la série converge normalement sur le disque fermé (en variable réelle, sur ).
Preuve : pour , , et converge puisque . Le majorant ne dépend pas de .
Conséquence. La somme est continue sur le disque ouvert (sur en variable réelle) : tout point de est dans un disque fermé avec , où la convergence est uniforme (Suites et séries de fonctions §9).
Attention : en général, la convergence n'est pas normale (ni même uniforme) sur tout le disque ouvert. Pour sur , : pas de convergence normale, et la somme n'est pas bornée.
Au bord de l'intervalle de convergence. Soit , en variable réelle.
Dans ce paragraphe, a un rayon et une somme sur .
Théorème (primitivation terme à terme). Hypothèses : . Conclusion : a le même rayon et, pour tout ,
Théorème (dérivation terme à terme). Hypothèses : . Conclusion : a le même rayon , la somme est sur , de dérivée .
Corollaire. est de classe sur , avec , et
Ces théorèmes viennent de la convergence normale sur tout segment (§5) et des théorèmes de régularité des séries de fonctions. Dans une copie, on invoque la dérivation terme à terme des séries entières, en nommant l'intervalle ouvert de convergence : inutile de refaire la convergence normale.
Exemple. Pour , ; en primitivant, (même rayon ). En dérivant : , .
Théorème. Hypothèses : et ont des rayons et il existe tel que pour tout . Conclusion : pour tout .
Preuve : la différence a une somme nulle sur , donc toutes ses dérivées en sont nulles, et (corollaire du §6).
Conséquences.
Exemple. ; le produit de Cauchy donne le coefficient de , celui de est , d'où .
L'égalité en un seul point ne suffit pas : et coïncident en sans avoir les mêmes coefficients.
Définition. Soit . On dit qu'une fonction définie sur se développe en série entière sur quand on dispose d'une série entière de rayon telle que pour tout . Elle est développable au voisinage de si un tel existe.
Condition nécessaire. Si est développable sur , alors est sur , avec le développement est unique et c'est la série de Taylor de en .
La condition n'est pas suffisante. La fonction définie par pour et est de classe sur avec pour tout . Sa série de Taylor est nulle, mais ne s'annule qu'en : aucune série entière ne la représente près de .
Critère par le reste de Taylor. Soit de classe sur . Elle y est développable si et seulement si, pour tout , Cas typique : s'il existe tel que pour tout et tout , alors . C'est ainsi qu'on obtient , (et , , en majorant sur ). En dehors de ces cas, la méthode est lourde ; on préfère les méthodes du §13.
À savoir avec le rayon et l'origine du résultat.
| Fonction | Développement | Rayon | Obtenu par |
|---|---|---|---|
| série géométrique (vrai aussi pour , ) | |||
| idem | |||
| primitive de ; égalité vraie aussi en (§5) | |||
| primitive de ; égalité vraie sur | |||
| reste de Taylor ; pour | |||
| , | , | parties paire et impaire de | |
| , | , | parties réelle et imaginaire de | |
| , | équation différentielle (ci-dessous) | ||
| géométrique en | |||
| primitive ; égalité vraie sur | |||
| primitive de | |||
| avec | |||
| primitive de la ligne précédente |
Si , est un polynôme (formule du binôme), de rayon .
Preuve pour . est l'unique solution sur de , (problème de Cauchy du premier ordre). On cherche une solution : l'identification donne , soit , . Pour , aucun n'est nul et : la méthode de d'Alembert (§3) donne un rayon . La somme est solution du même problème de Cauchy sur , elle est donc égale à .
Lien avec les développements limités. Tronquer un développement en série entière au rang donne le DL d'ordre en ; la réciproque est fausse (un DL à tout ordre ne garantit pas le développement, voir ).
Méthode (analyse puis synthèse), pour une équation linéaire à coefficients polynomiaux :
Exemple. . Avec : , . Le coefficient de vaut . Donc : , rayon . Ces fonctions sont en fait solutions sur tout entier (vérification directe : s'écrit ). Le rayon peut être plus petit que l'intervalle où vit la solution.
Quand le coefficient de s'annule en (par exemple ), la méthode ne trouve que les solutions développables en ; il peut en exister d'autres sur qui ne se prolongent pas.
Somme d'une série entière. On ramène le coefficient à des séries connues :
Somme d'une série numérique. On reconnaît :
Exemple. . Pour , ; les sommes partielles sont dominées par sur (somme géométrique de raison ), donc la convergence dominée donne . Le calcul de l'intégrale par éléments simples donne .
À une suite on associe sa série génératrice , ou sa série génératrice exponentielle (adaptée quand des coefficients binomiaux apparaissent).
Méthode.
Exemple (récurrence linéaire). , , . Par récurrence , donc . Pour , la somme vérifie , d'où Le rayon vaut exactement (coefficients équivalents à ).
Au chapitre « Probabilités », la fonction génératrice d'une variable à valeurs dans est une série entière de rayon : tout ce chapitre s'y applique.
Dans l'ordre de préférence :
Choisir la série entière dont elle est la valeur en un point ; calculer la somme de la série entière ; si le point est au bord, justifier la continuité ; conclure.
Écrire la même fonction de deux façons (produit de Cauchy, dérivée, équation différentielle) et identifier par unicité.