Analyse · 1re année
Ce qu'on réutilise sans le refaire. Limite monotone, suites adjacentes, suites extraites paires et impaires (fiche « Suites numériques » §5 et §6) ; relations , , et règles de calcul (fiche « Suites numériques » §11 et fiche « Analyse asymptotique » §1 à §4) ; développements limités usuels (fiche « Analyse asymptotique » §7) ; croissance de l'intégrale et formule de Taylor avec reste intégral (fiche « Intégration » §5 et §10). Une série n'est qu'une suite particulière : tout le travail consiste à transformer une question sur les sommes partielles en une question sur le terme général.
Dans toute la fiche, désigne ou et une suite à valeurs dans .
Définition. La série de terme général , notée ou , est la suite de ses sommes partielles : Si n'est définie qu'à partir du rang , on écrit et .
Exemple. : comme , on a . La série converge et .
Si converge, de somme , le reste d'ordre est Chaque existe (c'est la somme d'une série qui ne diffère de que par ses premiers termes), et Le reste mesure l'erreur commise quand on remplace par : les questions « valeur approchée à près » reviennent à majorer . On ne parle de reste que pour une série convergente.
Théorème. Hypothèse : converge. Conclusion : .
Preuve : .
Théorème (série géométrique). La série , où , converge si et seulement si , et alors Preuve : pour , et converge (vers ) si et seulement si ; si , et la divergence est grossière. Le reste vaut .
Dérivée formelle (à redémontrer quand on s'en sert) : pour , converge et vaut ; on l'obtient en calculant ou en dérivant , puis en passant à la limite.
Série exponentielle. Pour tout réel , . Preuve : la formule de Taylor avec reste intégral (fiche « Intégration » §10) appliquée à entre et donne (croissances comparées). En particulier .
Théorème. La suite et la série ont même nature, et en cas de convergence Preuve : (simplification en cascade).
Deux usages, dans les deux sens :
Exemple. diverge, car c'est la série des différences de la suite , qui diverge.
Si pour tout (ou pour assez grand), la suite est croissante. Par la limite monotone :
Théorème. Une série à termes positifs converge si et seulement si ses sommes partielles sont majorées ; sinon et on écrit .
Comparaison par inégalités. Hypothèses : pour tout assez grand. Conclusion : si converge, converge (et quand l'inégalité vaut pour tout ) ; si diverge, diverge.
Comparaison par et . Hypothèses : ; (en particulier si ) ; converge. Conclusion : converge (et même absolument, § 11, ce qui permet complexe).
Comparaison par équivalents. Hypothèses : garde un signe constant pour assez grand ; . Conclusion : les deux séries , sont de même nature. Preuve : pour assez grand, (si ), puis comparaison. L'hypothèse de signe est indispensable : voir § 12 et l'exercice 6.
Règle « » (forme pratique de la comparaison par avec une série de Riemann) :
Théorème. Soit . La série converge si et seulement si .
À connaître par cœur, avec les séries de référence qui en découlent : , convergent ; , divergent. La valeur se démontre en problème, jamais admise sans indication.
Les intégrales sur un intervalle non borné ne sont pas au programme de 1re année : on compare à des intégrales sur des segments , qu'on sait calculer.
Méthode (fonction décroissante). Soit continue, positive et décroissante sur . Pour tout entier et : . En intégrant sur (croissance de l'intégrale) : En sommant ces inégalités :
Conséquences.
Pour une fonction croissante, les inégalités s'inversent. On fait toujours un dessin (rectangles sous et sur la courbe) pour ne pas se tromper de bornes.
Théorème. Hypothèses : pour assez grand et . Conclusion :
Idée de preuve pour : on fixe avec ; pour , , d'où , et on compare à une série géométrique.
Définition. () est absolument convergente si converge.
Théorème. Une série absolument convergente converge, et .
Preuve, cas réel : avec et , on a et ; les deux séries convergent par comparaison, donc par différence. Cas complexe : et sont majorés par .
Une série alternée est une série (ou ) avec de signe constant, en pratique .
Théorème (critère spécial des séries alternées). Hypothèses : (i) est décroissante ; (ii) . Conclusion : la série converge. De plus, pour tout , le reste vérifie :
(Les hypothèses entraînent .) Preuve : décroît, croît et : ces suites sont adjacentes (fiche « Suites numériques » §5), de même limite , et ; on conclut avec le critère pairs-impairs (fiche « Suites numériques » §6). Les encadrements donnent le signe et la majoration du reste. Cette preuve est elle-même un sujet de devoir : savoir la refaire.
« La série est à termes positifs ; ; la série de Riemann converge car ; par comparaison, converge. » Chaque élément rapporte des points : le signe, l'équivalent, la série de référence avec son exposant, le nom du théorème.