Analyse · 1re année
Prérequis. Limites et continuité (limites usuelles, prolongement par continuité) : fiche « Limites et continuité ». Comparaison des suites (, , ) et lemme de Cesàro : fiche « Suites numériques » §11. Formule et inégalité de Taylor-Lagrange, classe : fiche « Dérivabilité » §3 et §11. Dérivées et formules des fonctions usuelles ( pour , etc.) : fiche « Fonctions usuelles ».
Dans toute la fiche, est un intervalle, est un point de ou une extrémité de (éventuellement ), et les fonctions sont définies sur , sauf peut-être au point . « Au voisinage de » signifie : sur l'intersection de avec un intervalle (si est réel) ou (si ).
Définitions. Soit une fonction qui ne prend pas la valeur au voisinage de (sauf peut-être en , où l'on suppose alors si ).
| Relation | Lecture | Définition par le quotient |
|---|---|---|
| est dominée par | est bornée au voisinage de | |
| est négligeable devant | ||
| est équivalente à |
Définition générale (sans hypothèse sur ) : s'il existe de limite nulle en avec au voisinage de ; si avec bornée au voisinage de ; si avec . Les deux points de vue coïncident lorsque ne s'annule pas.
Cas particuliers à connaître.
Notation. « » (ou « », ou « » suivi de « au voisinage de ») : le point doit toujours être précisé. Une égalité avec ou se lit de gauche à droite : a un sens, « » n'en a pas.
Suites. Les mêmes définitions s'appliquent aux suites avec ; elles ont été vues au chapitre « Suites numériques » (§11). Tout ce qui suit sur les fonctions s'applique aux suites (prendre et une variable entière), et réciproquement : si et , alors .
Avec et (au voisinage d'un même point ) :
Avec . C'est une relation d'équivalence (réflexive, symétrique, transitive). De plus :
Opérations autorisées. Hypothèses : et . Conclusion : ; ; pour tout réel fixé (et pour ).
Ce que conserve.
Opérations interdites en général.
Composition à droite (changement de variable) : toujours permise. Si et , alors . Même chose avec et .
Ils viennent des limites usuelles (taux d'accroissement en ) ; ce sont les premiers termes des développements limités du §7.
| En | |||
|---|---|---|---|
| () |
Par composition à droite : si , alors , , , etc. Exemple : ; .
Autres équivalents de base :
Pour tous réels , , :
| Au voisinage de | Résultat | Forme « limite » |
|---|---|---|
Suites (, , ) : , , , (fiche « Suites » §3). Retenir l'échelle : logarithmes puissances exponentielles en .
Méthode pour une forme : écrire et comparer. Exemple : en .
Définition. Soit et définie sur un intervalle ouvert contenant (sauf peut-être en ). La fonction possède un développement limité d'ordre en (en abrégé DL) lorsqu'il existe des réels tels que Le polynôme (de degré ) s'appelle la partie régulière (ou partie principale) du DL ; en est le reste, qu'on écrit aussi avec .
En un point réel : admet un DL si admet un DL, c'est-à-dire . On écrit les puissances de , jamais on ne développe.
Propriétés.
Théorème (Taylor-Young). Hypothèses : ; est de classe sur l'intervalle ; . Conclusion : En particulier, une fonction de classe au voisinage de admet un DL, dont les coefficients sont . (Il suffit en fait que existe.)
Lien avec Taylor-Lagrange (fiche « Dérivabilité » §11). Taylor-Lagrange est une formule globale (valable sur tout un segment, avec un reste explicite qu'on peut majorer) ; Taylor-Young est locale (elle dit seulement que le reste est négligeable quand ). Pour une inégalité valable sur un intervalle, on prend Lagrange ; pour une limite, un équivalent ou une position locale, on prend Young.
Idée de preuve si est de classe : par l'inégalité de Taylor-Lagrange sur un segment où , le reste est majoré par , qui est un . Le cas se démontre par récurrence sur en intégrant le DL de (§8).
Usage inverse (très fréquent en devoir). Si est de classe et si l'on connaît son DL par un autre moyen, l'unicité donne les dérivées : . Exemple : donne et .
À savoir par cœur, avec le bon reste.
| Fonction | DL en |
|---|---|
Remarques. Les DL de , (paires) et , , , (impaires) gagnent un ordre gratuitement : le terme suivant est nul. , , , , , viennent de Taylor-Young ; et s'obtiennent par intégration de et ; par intégration de ; par quotient ou par .
Dans ce paragraphe, et admettent des DL de parties régulières et .
Somme et produit. admet le DL de partie régulière ; admet le DL dont la partie régulière est tronqué au degré (on ne calcule pas les termes de degré ). Astuce d'ordre : si commence au degré , il suffit de développer jusqu'au degré pour obtenir jusqu'au degré .
Composée. Hypothèses : admet un DL et quand (partie régulière sans terme constant) ; admet un DL de partie régulière . Conclusion : admet un DL dont la partie régulière est tronqué au degré . Si , on se ramène à un DL de en : . Exemple : avec , d'où .
Quotient. Si , on écrit avec , puis on compose avec . Si , on factorise la plus grande puissance de au numérateur et au dénominateur ; le quotient peut alors perdre des ordres, d'où la nécessité de partir d'ordres plus élevés. Exemple : .
Intégration (primitivation). Hypothèses : est continue sur et ; désigne une primitive quelconque de sur . Conclusion : . Ne jamais oublier la constante . Exemples : à partir de ; à partir de ; à partir de . Pour une fonction définie par une intégrale , on écrit avec une primitive.
Dérivation : attention. Le DL de ne donne pas automatiquement celui de . En revanche, si l'on sait que admet un DL (par exemple de classe ), alors sa partie régulière est la dérivée de celle de (conséquence de l'intégration et de l'unicité).
Méthode pour choisir les ordres. On cherche le DL de d'ordre : on écrit chaque morceau avec un reste en tenant compte des facteurs qui « décalent » les ordres. En cas de doute, on prend un ordre de plus et on tronque à la fin.
En réel. On pose et on développe en . Exemple : , soit .
En . On pose () et on cherche un développement de la forme Exemple incontournable des devoirs tunisiens : pour , , donc (et pour , d'où le développement en ).
Pour une forme indéterminée, on développe numérateur et dénominateur jusqu'au premier terme non nul : il donne un équivalent de chacun. Exemple : Pour : passer à , développer , puis composer avec l'exponentielle (si , la limite est ). Pour une suite : on utilise le DL de en avec .
Si avec et :
Pour comparer les graphes de deux fonctions et , même méthode : DL de et signe du premier terme non nul. Discussion selon un paramètre : le coefficient du premier terme non nul dépend du paramètre ; on traite à part les valeurs qui l'annulent et l'on va chercher le terme suivant.
Si l'on obtient alors la droite est asymptote à la courbe en et : la courbe est au-dessus de si , en dessous si (en , tenir compte du signe de ). Méthode : factoriser par , poser , développer , puis multiplier par . Exemple : : asymptote , courbe en dessous en , au-dessus en .
Lorsque , bijective et de classe , vérifie et , sa réciproque est de classe au voisinage de (fiche « Dérivabilité » §2), donc admet un DL par Taylor-Young. On écrit (avec ), on compose et on identifie les coefficients (unicité du DL). Exemple : pour , on trouve .
Un développement asymptotique généralise le DL : on écrit comme une somme de termes de plus en plus négligeables les uns devant les autres, pris dans une échelle de comparaison qui peut contenir , , avec négatif ou non entier… Exemples :
Suites définies implicitement (sujet de devoir classique). Pour une suite solution d'une équation :
Suites récurrentes de limite . Si , on cherche tel que ait une limite non nulle (DL de ), puis on conclut avec le lemme de Cesàro (fiche « Suites » §11). Exemple : si avec , alors , donc .
DL jusqu'au premier terme non nul après la partie affine, puis signe de ce terme. Si l'énoncé contient un paramètre, factoriser le coefficient et discuter selon son signe ; pour la valeur qui l'annule, pousser le DL d'un cran.