Analyse · 1re année
Prérequis. Limites et continuité (limite d'un taux, prolongement par continuité, bornes atteintes sur un segment, théorème des valeurs intermédiaires, fonctions lipschitziennes, théorème de la bijection) : voir la fiche « Limites et continuité ». Suites récurrentes : voir la fiche « Suites numériques » §9. Dérivées des fonctions usuelles (chapitre « Fonctions usuelles »).
Dans toute la fiche, est un intervalle de contenant au moins deux points, (sauf au §10) et . Aucun développement limité n'est utilisé : ils arrivent au chapitre suivant.
Définition. est dérivable en si le taux d'accroissement admet une limite finie quand , . Cette limite est le nombre dérivé ; on écrit aussi . Avec : .
Dérivées à droite et à gauche. et lorsqu'elles existent et sont finies. Pour intérieur à : dérivable en et existent et sont égales.
Écriture avec un reste. La dérivabilité de au point équivaut à l'existence d'un réel et d'une fonction de limite nulle en vérifiant, pour tout : On a alors . Cette forme évite toute division et sert dans les preuves (composée, réciproque).
Dérivable ⇒ continue. Si est dérivable en , elle est continue en (faire dans l'écriture ci-dessus). La réciproque est fausse : est continue en , avec .
Interprétation géométrique.
est dérivable sur si elle l'est en tout point de (à droite ou à gauche aux extrémités qui appartiennent à ) ; sa fonction dérivée est .
Si et sont dérivables en et :
Composée. Lorsque admet un nombre dérivé au point et un nombre dérivé au point , la composée admet un nombre dérivé en , égal à . Exposant variable : on repasse par l'exponentielle, (), donc .
Dérivée de la bijection réciproque. Hypothèses : (i) est continue et strictement monotone sur l'intervalle (donc bijective de sur l'intervalle ) ; (ii) est dérivable en ; (iii) . Conclusion : est dérivable en et . Si , la courbe de a une tangente verticale en : n'est pas dérivable en (exemple : et en ). C'est ainsi qu'on obtient sur seulement, et non en .
On pose et, si est dérivable sur , : est alors fois dérivable.
Opérations. Sommes, produits, quotients (dénominateur sans zéro), composées de fonctions sont (de même pour ). La réciproque d'une bijection de classe () dont la dérivée ne s'annule pas est elle aussi de classe sur .
Formule de Leibniz. Le produit de deux fonctions , dérivables fois sur est encore dérivable fois, et Elle est surtout efficace quand l'un des facteurs est un polynôme : si , seuls les termes restent. Exemple : .
Dérivées -ièmes à connaître (preuves par récurrence) :
| () | |
| ; | ; |
| () | si ; si |
| , |
Pour une fraction rationnelle, on la décompose d'abord en éléments simples (chapitre « Primitives »).
admet un maximum local en s'il existe tel que pour tout (minimum local : ). Extremum = maximum ou minimum.
Condition nécessaire. Hypothèses : (i) est intérieur à (pas une extrémité) ; (ii) est dérivable en ; (iii) admet un extremum local en . Conclusion : (tangente horizontale).
Un point où s'annule est un point critique. Attention :
Hypothèses : (i) ; (ii) continuité de sur le segment ; (iii) dérivabilité sur l'ouvert ; (iv) . Conclusion : la dérivée s'annule en au moins un point de .
Idée de la preuve : atteint son minimum et son maximum sur ; s'ils sont tous deux atteints aux bornes, est constante ; sinon l'un est atteint en un point intérieur, qui est un point critique (§4). Les quatre hypothèses sont utiles : sur (pas dérivable en ) ; sur (pas continue en ).
Conséquences classiques.
Égalité des accroissements finis. Hypothèses : (i) ; (ii) continue sur ; (iii) dérivable sur . Conclusion : pour au moins un point de , on a .
Preuve : Rolle appliqué à . Géométriquement, il existe une tangente parallèle à la corde joignant et . On écrit souvent avec ; (ou ) n'est en général ni unique ni explicite.
Inégalité des accroissements finis. Sous les mêmes hypothèses :
Accroissements finis généralisés (exercice classique, pas un théorème du cours) : pour deux fonctions ayant les hypothèses des accroissements finis sur , on trouve un point de où (Rolle appliqué à ). Il conduit à la « règle de L'Hôpital » : si ne s'annule pas et en , alors . Dans une copie, on redémontre ce résultat avant de s'en servir.
Soit continue sur l'intervalle et dérivable en tout point intérieur à .
L'hypothèse « intervalle » est indispensable : a une dérivée strictement positive sur sans être croissante sur ; une fonction de dérivée nulle sur peut prendre deux valeurs différentes.
Méthode des inégalités. Pour montrer sur : étudier , montrer et . Si le signe de n'est pas clair, dériver encore.
Définition et lien avec la continuité : voir la fiche « Limites et continuité » §7. On y ajoute le lien avec la dérivée.
Théorème. Soit dérivable sur l'intervalle et . Alors Sens : inégalité des accroissements finis entre et . Sens : passer à la limite dans .
Conséquences.
Fonction contractante. est contractante sur si elle est -lipschitzienne avec . Application aux suites récurrentes (complète la fiche « Suites numériques » §9) :
Hypothèses : (i) est stable par () et ; (ii) sur ; (iii) vérifie . Conclusion : pour tout , , donc et . Le point fixe est alors unique dans .
Calculatrice interdite : le rang à partir duquel se trouve en comparant des entiers ().
Appelé aussi « théorème du prolongement dérivable ».
Hypothèses : (i) est continue sur (en particulier en ) ; (ii) est dérivable sur ; (iii) quand , . Conclusion :
Preuve : accroissements finis entre et : avec entre et , et .
Usage type : prolongement . est de classe sur et admet une limite finie en : on la prolonge par continuité, puis on calcule . Si elle est finie, le prolongement est sur . Version : une fonction continue sur , sur , dont chaque dérivée () a une limite finie en , est sur tout .
Pièges.
Pour , on pose avec , . est dérivable en (taux d'accroissement de limite finie dans ) si et seulement si et le sont, et .
Formule de Taylor-Lagrange. Hypothèses : (i) (le cas s'écrit de même) ; (ii) est de classe sur ; (iii) est dérivable sur (par exemple de classe sur ). Conclusion : on peut trouver vérifiant La somme est la partie polynomiale (polynôme de Taylor d'ordre en ), le dernier terme le reste de Lagrange. Pour , on retrouve l'égalité des accroissements finis.
Preuve : choisir la constante pour que vérifie ; la somme se télescope dans , et Rolle donne .
Formule de Mac-Laurin (, ) : il existe tel que .
Inégalité de Taylor-Lagrange. Pour de classe sur avec sur , on a pour tous :
Exemples d'usage.
À venir. Formule de Taylor avec reste intégral (chapitre « Intégration ») ; formule de Taylor-Young et développements limités (chapitre « Analyse asymptotique »).
Définition. On dit que est convexe lorsque Géométriquement : la courbe est sous chacune de ses cordes sur l'intervalle correspondant. est concave si est convexe (courbe au-dessus de ses cordes). Exemples : , , convexes ; , concaves ; une fonction affine est à la fois convexe et concave.
Inégalité de convexité généralisée (Jensen). Si est convexe sur , pour et des réels de somme :
Pentes. est convexe sur pour tout , la pente est croissante sur . Conséquence (inégalité des trois pentes) : pour dans , .
Fonctions dérivables.
Inégalités classiques obtenues ainsi. sur (tangente en , convexe) ; sur ( concave) ; moyenne géométrique moyenne arithmétique : pour des (Jensen pour , concave, avec ).
Produit polynôme × fonction usuelle : Leibniz. Fraction rationnelle : éléments simples puis . , ou : passer par et prendre la partie réelle. Dans tous les cas, conjecturer sur puis démontrer par récurrence.
Étudier les variations (signe de la dérivée), puis TVI sur chaque intervalle de stricte monotonie ; Rolle donne le maximum possible : « au plus racines si la dérivée en a au plus ».
Étude de fonction (§7) ; accroissements finis ( encadré par et ) ; Taylor-Lagrange (signe du reste) ; convexité (tangente, corde, Jensen).
Dérivée bornée lipschitzienne (IAF). Dérivée non bornée et dérivable non lipschitzienne : exhiber une suite avec .