Analyse · 2e année
Ce qu'on réutilise sans le refaire. Borne supérieure (Nombres réels § 6) ; suites réelles, suites extraites et Bolzano-Weierstrass dans et (Suites numériques § 5, § 6) ; caractérisation séquentielle, théorème des valeurs intermédiaires, bornes atteintes sur un segment, continuité uniforme et fonctions lipschitziennes d'une variable (Limites et continuité § 3, § 8, § 9, § 10) ; bases, dimension, applications linéaires (Espaces vectoriels § 4, § 5, § 7) ; norme associée à un produit scalaire, Cauchy-Schwarz et Minkowski, distance à un sous-espace (Préhilbertiens § 2, § 3, § 10).
Dans toute la fiche, désigne ou et , sont des -espaces vectoriels.
Définition. Une norme sur est une application qui vérifie, pour tous et :
On note souvent ; le couple est un espace vectoriel normé. L'homogénéité donne et ; avec l'inégalité triangulaire on obtient la seconde inégalité triangulaire
Distance associée : . Elle est symétrique, nulle seulement si , et vérifie . Pour une partie non vide, la distance de à est (borne inférieure d'une partie non vide de , donc bien définie ; elle n'est pas forcément atteinte).
Boules et sphères de centre et de rayon : La boule est la boule unité fermée. Toute boule est convexe : si et , .
Partie bornée : est bornée s'il existe tel que pour tout (c'est-à-dire ). Une application à valeurs dans est bornée si son image l'est.
Montrer qu'une application est une norme. Positivité, séparation (souvent le seul point délicat : un polynôme qui s'annule sur un intervalle est nul, une fonction continue positive d'intégrale nulle est nulle), homogénéité, puis inégalité triangulaire (par l'inégalité triangulaire dans , ou par Minkowski si la norme vient d'un produit scalaire).
Sur , pour : est la norme euclidienne (norme associée au produit scalaire canonique si ). Dans , les boules unités sont un losange (), un disque (), un carré (). Plus généralement, si est une base de , ces trois formules appliquées aux coordonnées définissent des normes sur .
Sur () : La continuité est indispensable pour la séparation de et (une fonction continue positive d'intégrale nulle est nulle). Sur l'espace des fonctions bornées sur un ensemble , est une norme : la norme de la convergence uniforme, reprise au chapitre « Suites et séries de fonctions ».
Sur : les normes de appliquées aux coefficients, par exemple , et, pour , (norme associée au produit scalaire ). On rencontre aussi les normes subordonnées (§ 9), qui vérifient .
Sur : pour , , , ou (norme, car un polynôme qui s'annule sur a une infinité de racines). est de dimension infinie : ces normes ne sont pas équivalentes (§ 3).
Sur les suites : sur l'espace des suites bornées ; sur l'espace des suites dont la série converge.
Produit d'espaces normés. Si sont normés, est une norme sur (norme produit).
Définition. Deux normes et sur sont équivalentes s'il existe et tels que C'est une relation d'équivalence entre normes. Deux normes équivalentes ont les mêmes parties bornées, les mêmes suites convergentes (avec la même limite), les mêmes ouverts, fermés, compacts, et les mêmes applications continues : on dit que la topologie ne dépend que de la classe de la norme.
Sur : pour tout , La dernière est Cauchy-Schwarz avec le vecteur . Toutes ces constantes sont optimales (cas d'égalité : ou ). En dimension finie, toutes les normes sont équivalentes (§ 11).
Sur : (Cauchy-Schwarz pour la première), mais aucune inégalité inverse : avec , et . Les normes et ne sont pas équivalentes.
Méthode.
Une suite de converge vers si , c'est-à-dire On se ramène ainsi à une suite réelle positive, et les outils de Suites numériques (gendarmes, majoration de l'écart) s'appliquent à .
Définitions. Une partie de est un ouvert si On dit alors que est un voisinage de chacun de ses points. Une partie est un fermé si son complémentaire est un ouvert.
Caractérisation séquentielle des fermés. Hypothèses : . Conclusion : est fermé si et seulement si pour toute suite d'éléments de qui converge dans , la limite appartient à .
C'est l'outil le plus utilisé en devoir : « soit convergeant vers ; montrons que ».
Image réciproque (énoncé utilisé sans cesse, prouvé au § 7) : si est continue sur tout entier, l'image réciproque d'un ouvert est un ouvert et celle d'un fermé est un fermé. Ainsi est ouvert, et sont fermés, pour continue.
Soit .
Densité. est dense dans si , c'est-à-dire : tout point de est limite d'une suite d'éléments de ; ou encore : toute boule (tout ouvert non vide) rencontre . Exemples : et dans (Nombres réels § 10) ; dans ; dans (§ 11).
Prolongement des identités. Deux applications continues qui coïncident sur une partie dense sont égales. C'est ainsi qu'on étend à une identité prouvée sur .
Sous-espaces. L'adhérence d'un sous-espace vectoriel est un sous-espace vectoriel. Un sous-espace d'intérieur non vide est égal à tout entier.
Soit avec ( normés) et .
Caractérisation séquentielle. tend vers en si et seulement si, pour toute suite de qui tend vers , . Pour prouver une discontinuité, il suffit donc d'une suite avec (ou deux suites donnant deux limites différentes).
Opérations. Sommes, produits par une fonction scalaire continue, composées de fonctions continues sont continues. Fonctions à valeurs dans un produit : est continue si et seulement si chaque composante l'est. En dimension finie, on raisonne sur les coordonnées dans une base.
Exemples à citer correctement.
Image réciproque. Si est continue sur , alors est ouvert pour tout ouvert de , et est fermé pour tout fermé . Exemples : est ouvert ; est fermé ; est fermé. Attention : l'image directe d'un ouvert (ou d'un fermé) par une application continue n'est pas forcément ouverte (ou fermée) : n'est pas fermé alors que l'est.
est -lipschitzienne () si pour tous . est uniformément continue sur si .
sans réciproque (mêmes contre-exemples qu'en 1re année, Limites et continuité § 10).
Exemples fondamentaux.
Changer de norme : si sur et est -lipschitzienne pour au départ, elle l'est (avec ) pour . Le caractère lipschitzien ne dépend pas du choix entre normes équivalentes ; la constante, si.
Théorème (continuité d'une application linéaire). Hypothèses : linéaire, et normés. Conclusion : les propriétés suivantes sont équivalentes :
Preuve de 2 ⇒ 3 (à savoir refaire) : avec , il existe tel que . Pour , le vecteur est de norme , donc , d'où par linéarité. 3 ⇒ 4 : .
Montrer qu'une application linéaire n'est pas continue : trouver avec et . Exemple : sur muni de , la dérivation n'est pas continue, car et .
Norme subordonnée. On note l'espace des applications linéaires continues de dans . Pour , C'est la plus petite constante du point 3 ; on écrit aussi quand il n'y a pas d'ambiguïté.
Normes subordonnées usuelles sur (on identifie à sur ) :
| Norme sur | Norme subordonnée de |
|---|---|
| (plus grande somme sur une ligne) | |
| (plus grande somme sur une colonne) | |
| () | ; en taille 2, on paramètre |
Pour toute norme subordonnée à une norme de et toute valeur propre de : (appliquer l'inégalité à un vecteur propre : ).
Applications multilinéaires. En dimension finie, une application bilinéaire est continue et il existe tel que ; c'est le cas du produit matriciel, du produit scalaire, du déterminant (en les colonnes).
Définition (séquentielle). Une partie de est compacte si toute suite d'éléments de admet une suite extraite qui converge vers un élément de (propriété de Bolzano-Weierstrass).
Propriétés.
Image continue d'un compact. Hypothèses : compact non vide de , continue. Conclusion : est un compact de .
Théorème des bornes atteintes. Hypothèses : compact non vide, continue. Conclusion : admet sur un minimum et un maximum, autrement dit il existe avec pour tout .
C'est la généralisation de Limites et continuité § 9. Usage type : justifier l'existence d'un minimum (distance, norme, énergie) sur un ensemble que l'on sait compact.
Théorème de Heine. Une application continue sur un compact y est uniformément continue.
Distance à un compact. Si est compact non vide, est atteinte ( est continue sur ). Si est compact, fermé et , alors . Avec deux fermés seulement, la distance peut être nulle (hyperbole et axe ).
Théorème (équivalence des normes). Si est de dimension finie, toutes les normes sur sont équivalentes.
Idée de la preuve (selon les cours, admise ou démontrée). On fixe une base et la norme des coordonnées. Pour une norme , l'inégalité triangulaire donne avec ; donc est continue pour . La sphère unité de est compacte (Bolzano-Weierstrass coordonnée par coordonnée, extractions successives), y atteint un minimum , et par séparation : d'où .
Conséquences (à citer sans les redémontrer). Si est de dimension finie :
Topologie de , classiques.
Ce qui est faux en dimension infinie (à garder en tête pour les questions « vrai ou faux ») : deux normes peuvent ne pas être équivalentes ; une application linéaire peut ne pas être continue ; une partie fermée bornée peut ne pas être compacte ; un sous-espace peut ne pas être fermé (les fonctions polynomiales dans ).
Définitions. Un chemin (ou arc) de à dans est une application continue telle que et . La partie est connexe par arcs si deux points quelconques de sont reliés par un chemin dans .
Montrer qu'une partie n'est pas connexe par arcs : trouver continue qui prend des valeurs de signes opposés sans s'annuler. Exemple : n'est pas connexe par arcs ( prend les valeurs et , jamais ).
Les examens récents de l'IPEIS demandent de prouver qu'une partie est connexe par arcs ; la connexité générale (sans arcs) n'est pas au programme observé.
En dimension finie : fermée et bornée. Sinon : image continue d'un compact, partie fermée d'un compact, ou définition séquentielle.
Majorer , puis trouver un vecteur (ou une suite de vecteurs) qui réalise (ou approche) l'égalité. En dimension infinie, se demander si la borne supérieure est atteinte.
Fonction continue sur un compact non vide ; si l'ensemble n'est pas borné, se ramener à un compact en montrant que la fonction est grande en dehors d'une boule.
Prouver l'identité sur une partie dense (souvent ), vérifier que les deux membres sont continus, conclure.