Analyse · 2e année
Ce qu'on réutilise sans le refaire. Toute la 1re année sur les séries : définitions, reste, condition nécessaire, opérations, séries géométriques et exponentielle, télescopage, séries à termes positifs et comparaison, séries de Riemann, comparaison série-intégrale sur des segments, règle de d'Alembert, convergence absolue, critère spécial des séries alternées (Séries numériques §1 à §12, en particulier §7, §9, §10, §11, §12) ; relations , , , règles de calcul, développements limités usuels (Analyse asymptotique §1, §2, §7) ; croissance de l'intégrale (Intégration §5). De 2e année : intégrales généralisées, intégrabilité, intégration des relations de comparaison (Intégrales généralisées §3, §4, §6).
Dans toute la fiche, désigne ou . Pour un ensemble , on note l'ensemble des parties finies de . Les théorèmes « sommation par paquets », « Fubini » et « produit de Cauchy » de cette fiche sont ceux que les chapitres Séries entières et Probabilités utilisent.
Plan d'étude (inchangé depuis la 1re année, Séries numériques §13) : terme général qui tend vers ? signe constant ? équivalent simple ? convergence absolue ? critère spécial ?
Règle de d'Alembert (rappel). Hypothèses : pour assez grand ; . Conclusion : si , converge absolument ; si , elle diverge grossièrement ; si , on ne conclut pas.
Elle est admise au concours pour les séries numériques ; sa version « séries entières » ne l'est pas (rapport 2025) : on l'applique toujours à une série numérique précise. Elle sert pour les termes faits de produits (, , , ). Quand le quotient tend vers , on passe aux outils du §2.
Règle de Cauchy (exercice classique, à redémontrer). Si et : convergence si , divergence grossière si . Preuve : comparaison à avec .
Règle « » (1re année) : avec donne la convergence absolue ; et donne la divergence.
Comparaison logarithmique. Hypothèses : , et, à partir d'un rang , . Conclusion : ; donc si converge, converge.
Preuve : la suite est décroissante, donc majorée par .
Règle de Raabe-Duhamel (présente dans les séries de TD sous forme d'exercice : savoir la redémontrer). Hypothèses : et avec . Conclusion : il existe tel que ; en particulier converge si et seulement si .
Preuve : . La série converge absolument, donc la suite converge (lien suite-série) vers un réel , et .
Exemple. : , donc : diverge, converge. (La valeur demande la formule de Wallis, donnée par l'énoncé.)
Même méthode pour Stirling. Avec , on montre , d'où ; la constante s'obtient avec Wallis. Formule de Stirling : .
On dispose maintenant des intégrales généralisées : on compare à .
Théorème. Hypothèses : continue par morceaux, positive et décroissante ; entier. Conclusion : (i) la série de terme général () est à termes positifs et converge ; (ii) converge si et seulement si est intégrable sur .
Preuve : pour , , d'où ; la série télescopique majorante converge car décroissante positive a une limite finie en . Pour (ii), , et le dernier terme converge.
Conséquences.
Positivité et monotonie sont indispensables : est positive, non intégrable sur , et pour tout .
C'est la version « séries » de l'intégration des relations de comparaison (Intégrales généralisées §6). Dans tout le paragraphe, est une suite réelle positive et une suite de .
Cas convergent (on compare les restes). Hypothèses : et converge. Conclusion : si (resp. ), alors converge absolument et (resp. ) ; si , alors .
Cas divergent (on compare les sommes partielles). Hypothèses : et diverge. Conclusion : si (resp. ), alors (resp. ) ; si , alors (et diverge).
Preuve du cas « divergent » : soit et tel que pour . Alors pour assez grand, car . Le cas s'en déduit avec .
Trois usages types.
Le lemme de Cesàro est le cas particulier : si , alors . L'hypothèse est indispensable : et vérifient , mais les sommes partielles de restent bornées alors que celles de tendent vers .
Outil des séries de TD pour les séries qui ne sont ni positives ni alternées (souvent ).
Transformation d'Abel (« intégration par parties discrète »). Avec et :
Théorème d'Abel (à redémontrer). Hypothèses : réelle, décroissante, de limite ; les sommes sont bornées (). Conclusion : converge.
Preuve : et , terme d'une série télescopique convergente.
Exemple. Pour , , donc converge pour tout (absolument si et seulement si ). Le critère spécial des séries alternées est le cas .
Définitions. Un ensemble est dénombrable s'il existe une bijection de sur ; il est au plus dénombrable s'il est fini ou dénombrable. Il revient au même de dire qu'il existe une injection de dans , ou (si ) une surjection de sur . Un ensemble dénombrable est infini ; ses éléments s'écrivent en suite , sans répétition.
Résultats de base.
Suite exhaustive. Si est dénombrable, il existe une suite croissante de parties finies de telle que (par exemple ). Exemples usuels : pour , pour , pour .
Dans la suite, désigne un ensemble au plus dénombrable.
Définition. Soit une famille de réels positifs. Pour , on note (somme finie). On pose La famille est sommable si cette borne supérieure est finie. Pour une famille positive, l'écriture a toujours un sens (dans ) : c'est ce qui rend les familles positives si commodes.
Propriétés (familles positives).
Sommation par paquets, cas positif. Hypothèses : famille de réels positifs ; , réunion disjointe, au plus dénombrable. Conclusion : , égalité dans , sans condition.
C'est l'outil n°1 pour prouver une sommabilité : on regroupe les termes de façon commode et on vérifie que le résultat est fini.
Exemple. : le paquet contient termes égaux à , d'où une somme : la famille est sommable exactement lorsque .
Définition. Une famille de est sommable si la famille positive est sommable, c'est-à-dire si . On note l'ensemble des familles sommables (notation des devoirs pour ).
Définition de la somme.
Propriétés (familles sommables).
Conséquence : convergence commutative. Si converge absolument et si est une bijection de , alors converge absolument et . C'est faux pour une série semi-convergente : en réordonnant (somme ), on peut obtenir une autre somme (exercice 8 : un ordre qui donne la somme ), et même une série divergente. Pour une famille, « sommable » remplace donc « convergente » : on ne parle jamais de famille semi-sommable.
Théorème de sommation par paquets. Hypothèses : famille sommable de ; , réunion disjointe, au plus dénombrable. Conclusion : pour tout , est sommable ; la famille est sommable ; et
Rédaction attendue. (1) Prouver la sommabilité en appliquant la sommation par paquets positive à : . (2) Appliquer ensuite le théorème à , avec le même découpage ou un autre.
Sans sommabilité, c'est faux. Avec , les paquets donnent , les paquets , () donnent : la famille n'est pas sommable et regrouper n'a aucun sens.
Cas particulier fréquent. Pour sommable indexée par , les termes d'indices pairs et impairs : .
On l'énonce pour (, au plus dénombrables), le cas courant étant : c'est la sommation par paquets avec les paquets « lignes » ou « colonnes » .
Fubini, cas positif. Hypothèses : pour tout . Conclusion : dans . Les sommes sont toujours définies : on peut calculer dans l'ordre qu'on veut, puis conclure à la sommabilité si le résultat est fini.
Fubini, cas général. Hypothèses : à valeurs dans et sommable, ce qu'on vérifie par (Fubini positif appliqué aux modules). Conclusion : pour tout , est sommable (et de même pour tout ), et .
Sans sommabilité, les deux sommes itérées peuvent différer. Soit si , si , sinon (). À fixé, ; à fixé, vaut pour et pour . Les deux sommes itérées valent et : la famille n'est pas sommable ().
Autres paquets utiles sur : les diagonales ( éléments), les « équerres » ( éléments), et sur les ensembles (autant d'éléments que a de diviseurs).
Produit de deux familles. Hypothèses : et sommables. Conclusion : est sommable et . Preuve : Fubini positif donne , puis Fubini.
Définition. Le produit de Cauchy des séries et est la série avec
Théorème. Hypothèses : et (à termes dans ) convergent absolument. Conclusion : converge absolument et
Preuve : la famille est sommable (produit de deux familles sommables, §10). On la somme par les paquets disjoints (sommation par paquets, §9) : . Enfin donne .
Applications.
L'hypothèse d'absolue convergence ne se supprime pas. Pour (séries convergentes par le critère spécial), (car ) : le produit de Cauchy diverge grossièrement. (Le cas « une série absolument convergente, l'autre seulement convergente », théorème de Mertens, n'est pas au programme.)
Caractérisation. La famille est sommable exactement lorsque les deux séries et convergent absolument, et alors (sommation par paquets avec , puis )
Attention au sens. La dernière limite (symétrique) peut exister sans que la famille soit sommable : pour et (), pour tout , alors que . On prouve donc d'abord la sommabilité, puis on calcule la somme comme on veut.
Exemple. Pour , .
Produit de convolution sur . Pour , la famille est sommable (Fubini positif : , car est une bijection de ). D'où : est bien défini, , et . C'est l'analogue sur du produit de Cauchy ; en probabilités, c'est la loi de la somme de deux variables indépendantes à valeurs dans .
Écrire : « la famille est sommable car ; par le théorème de Fubini, ». Pour des termes positifs, la phrase « famille de réels positifs, Fubini positif » suffit, sans autre condition.